jeudi 23 janvier 2014

Flora (3 et fin)

C´était un Après-midi de décembre. L´atmosphère était à la fin des classes. On rêvait du père noël et de son prochain cadeau même si à cet âge on a compris il y´a belle lurette que ce gentil bonhomme habillé de rouge et blanc n´est qu´un mythe. On rêvassait quand même de ses cadeaux. Je rangeais mon casier. Je sentis une ombre sur moi. Levant les yeux, j´aperçois Gine. D´un œil incrustateur, elle m´annonce que tu voulais me voir.
-          - Akim veux te voir le jeudi dans l´après-midi à 16 heures me dit-elle.
-        - Ok, et où ? fis-je d´un air dubitatif. Je ne voulais laisser transparaître mes interrogations. Je scrute ma mémoire sous les yeux interrogateurs de Sera. Son regard traduisait ses soupçons. Où fut le seul mot que je puis encore exprimer?
-          - Il t´attend chez lui bien sûr, rétorque-t-elle
-          Je ne sais où il habite réponds-je très calmement. J´aurais voulu rajouter que le nom ne me dit rien. Mais je le garde pour moi.

Elle m´orienta. Trois jours plus tard je frappe à ta porte. Curieuse de voir cette personne qui se voile sous ce nom d´Akim. Qu´elle ne fut ma surprise lorsque tu m´ouvris tout sourire dévoilant tes dents blanches et cette tâche brune qui les couvre partiellement. Je retiens mon souffle. Je m´efforce pour paraître naturelle que possible. C´était donc toi le mystérieux Akim qui a cherché à me voir. Je réponds à ton bonjour et m´assis sur le fauteuil que tu me présentas. Tu me servis un verre d´eau avant de prendre place dans l´autre fauteuil bien en face de moi. Un coup d´œil rapide dans le salon m´indique que tu m´attendais. Tout était si soigneusement rangé, ordonné. Je me demandais encore si bien la raison d´une telle sollicitation lorsque tu me sortis de mes pensées pour m´annoncer que tu voulais m´inviter à danser au bal. Je réussis à cacher ma surprise et ma joie. Ma timidité m´aidant bien. Je me sentais hypnotisée par  le timbre de ta voix et tu en jouais de tes charmes. Puis nous échangeâmes quelques civilités et je décidais de partir. Je me levais lorsque, tu te plantas face à moi, plongeas ton regard dans le mien. Je choisi de baisser ma tête tant j´avais honte de je ne sais quoi. Peut-être ce regard intense. Ta main anticipa mes mouvements. Tu me soulevas la tête, planta un court instant tes yeux dans les miens puis, tu m´attiras à toi, et m´embrassa. Tu écartas ta bouche te chercha mon regard. Je baissais la tête de nouveau, la tournais légèrement. Ce qui t´amusa encore plus.
-          -Dis-moi à présent que tu me hais dis-tu espiègle.
-          -Je ne pourrais te haïr répondis-je.
Tu souris. Planta ta main dans ta poche et me tendis mon billet d´entrée.
La semaine passa très vite. Il y´eu la soirée, ces danses. Ton regard que tu ne peux dissimuler.  Tu trouvais mon habillement provoquant. Oui, j´avais dégoté une robe au fond d´une boutique, elle était jolie, sexy selon ma copine. Trois heures d´horloges suffirent à ma copine pour transformer mes cheveux en de belles nattes. Une touche de cirage à mes sandalettes noires aux talons pointus. Un voile de parfum agrémenta le tout. Ce long et profond regard qui descendit le long de mon corps me rassura sur ma toilette.
Nous nous revîmes souvent et autant de fois, comme tu le souhaitais. Tu m´appris beaucoup de choses. Celles que je savais et celles dont j´ignorais. Celles qui étaient légales et les interdites. J´apprenais l´existence d´un monde dont je me suis jusque-là interdite. Tu me montrais les limites de ma personne en repoussant les frontières de mes émotions tues.

En réalité, cette première expérience est très personnelle avec  cette incertitude, sa dose de curiosité, la pincée d'excitation et la grande panique. C´était à la fois éblouissante et mémorable. Six mois passèrent après cela avec de nombreuses visites, on se découvrit petit à petit. Mon inexpérience t étonnait et te séduisait en même temps. On s´ouvrait l´un à l´autre. Puis il y´eut la première fois. Cela n´a point du tout fait mal. Tu étais doux mais impatient. Je te désirais mais je tenais à ma noblesse. Tu as su me convaincre, m´amener à toi avec classe, tact et subtilité. Je me suis donnée. La rencontre de deux castes et de deux âmes différentes vient d´avoir lieu. L´amour est ce monde où, les classes, les castes, les échelles et le subdivisions sociales n´y entre pas. Désormais j´ajustai mes rêves de fille à ton style de vie tel que tu me proposas : je viens de tronquer ma raison contre des illusions. Je connais ta situation, je l´admets ce n´est pas optimale à ma vision mais j´étais en ce moment éblouit par la passion que je portais pour toi. Et en mon fort intérieur je refuse délibérément de combattre avec ma raison, cette petite voix en moi qui me soufflait toujours les bonnes décisions. Mon cœur avait décidé il y´a longtemps de désobéir à son fidèle allié. Je venais d´être enfermée à jamais dans ta prison. Oui, t´avoir aimé fut ma prison.

( Le titre original de cet extrait de nouvelle est: si t´aimer est un calvaire)

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lundi 6 janvier 2014

Aminé, un Mariage en Cadeau de Noël

PH DR 
La machine de mariage forcée vient encore de frapper une jeune fille au Tchad.
Le Weekend dernier, une jeune fille nommée Aminé qui est étudiante Tchadienne en France et qui serait rentrée au pays pour rendre visite à sa famille a eu une désagréable surprise d’avoir comme cadeau de Noël, non pas un chèque ou une poupée Barbie mais un mariage.
Aminé, ignorant totalement ce qui se tramait comme plan, a été prié par sa famille de venir passer les fêtes de fin d’année à N’Djamena. Grande a été sa surprise lorsque ce vendredi 27 décembre, les parents et les l’imam du quartier sont arrivés pour célébrer son Fatia.
On sait tous qu’au Tchad, le mariage forcé est de coutume et aucune fille n’est épargnée. Les filles sont des proies faciles pour leurs familles qui n’hésitent pas d’enlever les filles et parfois d’imposer des maris à celles-ci. Les filles n’ont pas le droit d’être belles.
Comme de centaines d’autres filles au Tchad chaque mois, la pauvre Aminé dira adieu à ses études désormais et se contentera d’être une femme à la maison et ne pourra plus avoir le rêve de voyager sinon, uniquement avec son cher époux.
Une fois encore, les filles Tchadiennes qui vivent à l’étranger réfléchiront par 2 fois désormais avant de rentrer au Tchad.


H W.